Journée Internationale de lutte pour l’élimination de la pauvreté

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Journée Internationale de lutte pour l’élimination de la pauvreté

Aujourd’hui, 30ème Journée Internationale de lutte pour l’élimination de la pauvreté, le Président de la République se déplace à Gennevilliers (Hauts de Seine) pour visiter une crèche. Ce déplacement sur le thème de la lutte contre la pauvreté des enfants sera précédé d’un déjeuner avec des experts, des universitaires, des acteurs associatifs, tels que Action tank Entreprise et Pauvreté, créé en 2010 par Martin Hirsch (AP-HP) et Emmanuel Faber (Danone) qui ont adressé un courrier à Emmanuel Macron (cette organisation réunit des entreprises, des acteurs publics des associations, le monde académique autour d’un objectif commun : contribuer à la réduction de la pauvreté et de l’exclusion en France).

L’objectif de l’Elysée est l’égalité des chances pour les enfants de tous milieux. Comment l’atteindre ? avec une approche nouvelle qui privilégie la prévention et l’investissement social, et pas seulement par la gestion d’un dispositif d’aide

Après concertation avec les acteurs de la lutte contre la pauvreté, le Gouvernement souhaite élaborer une stratégie au printemps prochain avec entre-temps la nomination d’un ou d’une délégué(e) interministériel(le) pour la piloter. Cette stratégie pourra être accompagnée d’un plan d’action, voire de mesures législatives et de nouveaux moyens si nécessaires.

« Il nous faut investir socialement pour que les enfants qui sont pauvres, parce qu’ils sont dans des familles pauvres, ne soient pas les pauvres de demain, et éviter les facteurs de reproduction sociale »

Petit rappel

2017 marque le 25ème anniversaire de la déclaration de l’Assemblée générale qui, dans sa résolution 47/196 du 22 décembre 1992, a fait du 17 octobre la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté.

Cette année marque également le 30ème anniversaire de l’appel à l’action du Père Joseph Wresinski (Angers 1917 – Suresnes 1988, prêtre diocésain français, fondateur du Mouvement des droits de l’homme ATD Quart Monde et initiateur de la lutte contre l’illettrisme), qui a inspiré cette Journée internationale du 17 octobre.

Le 17 octobre 1987, une centaine de milliers de personnes se sont rassemblées au Palais du Trocadéro à Paris, là même où l’Assemblée générale des Nations Unies adopta en 1948 la Déclaration universelle des droits de l’homme. Ce rassemblement était destiné à rendre hommage aux victimes de l’extrême pauvreté, de la violence et de la faim. Des militants de tous les pays ont ainsi réaffirmé que la pauvreté était une violation des droits de l’homme et qu’une action commune devait être menée pour faire en sorte que ces droits soient respectés. Ces convictions ont été gravées sur une dalle à l’honneur des victimes de la misère dévoilée ce jour-là sur le parvis des libertés et des droits de l’homme, au Trocadéro « Là où des êtres humains sont condamnés à vivre dans la misère, les droits humains sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré. »

Qu’est-ce que la pauvreté ?

La pauvreté n’est pas seulement monétaire. La pauvreté c’est aussi ne pas avoir accès :

  • au logement,
  • au savoir,
  • à la culture,
  • à l’emploi,
  • à une nourriture avec des éléments nutritifs,
  • aux soins (déserts médicaux),
  • aux services publics,
  • à une justice de qualité,
  • et c’est aussi la pauvreté relationnelle (isolement).

Le seuil de pauvreté

Un individu est considéré comme pauvre quand ses revenus mensuels après impôts et prestations sociales sont inférieurs soit à 846 € soit à 1 015 € (Insee, données 2015), selon la définition de la pauvreté utilisée (seuil à 50 % ou à 60 % du niveau de vie médian). De 2009 à 2014, le seuil de pauvreté a diminué du fait de la baisse du niveau de vie médian. Le seuil à 60 % a perdu 14 € et le seuil à 50 %, 12 €. En 2015, après ces cinq années de baisse, les seuils de pauvreté se redressent de quelques euros par mois, sans retrouver toutefois le niveau de 2008.

Quelques chiffres

Aujourd’hui en France, on compte :

  • 14 % taux de pauvreté moyen ;
  • 8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté ;
  • 3 millions d’enfants vivent dans des familles en dessous du seuil de pauvreté soit 1 enfant sur 5 ;
  • 20 % des étudiants

Aujourd’hui dans le monde :

  • 20 millions d’africains touchés par l’extrême famine ;
  • 1 milliard : montant alloué par Easy Jet à des associations caritatives pour lutter contre la pauvreté ;
  • 2030 : année où l’objectif fixé par l’ONU d’éradiquer la pauvreté par des emplois durables doit être atteint ;
  • 2,8 milliards de personnes dans le monde vivant avec moins de 2 dollars par jour ;
  • 82 % des foyers concernés par la pauvreté au Vénézuela ;
  • 90 % des richesses mondiales détenus par 20 % de la population mondiale ;
  • 448 millions d’enfants souffrent d’insuffisance pondérale ;
  • 876 millions d’adultes sont analphabètes (2/3 sont des femmes) ;
  • chaque jour : 30 000 enfants de moins de cinq ans meurent de maladies qui auraient pu être évitées ;
  • Plus d’un milliard de personnes n’ont pas accès à de l’eau potable.

Cette année, le thème de cette journée est « Répondre à l’appel du 17 octobre pour éliminer la pauvreté : une voie vers des sociétés pacifiques et inclusives » nous rappelle l’importance de la dignité, de la solidarité et la nécessité d’entendre les personnes les plus défavorisées.

S’unir pour éliminer la pauvreté et construire un avenir durable exige d’intensifier nos efforts visant à éliminer l’extrême pauvreté et la discrimination, et pour assurer que chacun puisse exercer pleinement ses droits fondamentaux.

Message d’Irena Bokova, Directrice générale de l’UNESCO

Le Programme de développement durable à l’horizon 2030 contient la promesse de ne laisser personne de côté, ainsi qu’un appel à éliminer la pauvreté d’ici à 2030. Pour ce faire, il faut que les États agissent vite pour traduire les Objectifs de développement durable (ODD) en politiques efficaces appuyées par des ressources adéquates. Le Programme 2030 est ambitieux, aussi avons-nous besoin de mesures ambitieuses pour le mettre en œuvre.

Le Programme 2030 insiste sur l’interdépendance des aspects sociaux, économiques et environnementaux de l’élimination de la pauvreté. En conséquence, il nous faut prendre un ensemble cohérent de mesures couvrant différentes sphères politiques, tirant le meilleur parti des capacités et des ressources par le biais de politiques ciblées destinées à accélérer les progrès dans tous les domaines. Le rôle de chef de file joué par l’UNESCO pour favoriser la coopération dans les domaines de l’éducation, des sciences, de la culture, de la communication et de l’information est important. Avec les priorités globales de l’Organisation – Égalité des genres et Afrique – ces domaines ont un impact considérable sur l’ensemble du Programme 2030, ainsi qu’un effet multiplicateur, en termes de développement, sur un grand nombre d’objectifs et de cibles.

Les capacités doivent aller de pair avec un sentiment d’adhésion. Les plans nationaux visant à éliminer la pauvreté seront plus efficaces s’ils sont inclusifs et englobent les voix de toutes les composantes de la société. L’accès aux services de base est essentiel, tout comme les connaissances requises, mais l’élimination de la pauvreté nécessite aussi une plus grande participation de tous, femmes et hommes, à commencer par les jeunes dont l’autonomisation est la clé de la réussite.

Éliminer la pauvreté est un impératif du point de vue des droits de l’homme, mais aussi du point de vue du développement et de la paix. C’est pourquoi nous devons agir dès à présent pour concrétiser nos promesses. Tel est le message de l’UNESCO en cette Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté ».

Parmi les huit objectifs du millénaire pour le développement fixés par l’ONU, le premier est celui relatif à l’éradication de l’extrême pauvreté et la faim d’ici 2030 dans le monde. Aujourd’hui, les problèmes d’extrême pauvreté et de faim dans le monde sont toujours d’actualité. Selon l’Onu, 800 millions de personnes vivent encore sous le seuil d’extrême pauvreté.

Une journée symbolique mais qui à l’évidence ne suffit pas, cette lutte pour l’élimination de la pauvreté doit être quotidienne et sera, nul besoin d’être un expert, de longue durée malgré toutes les mesures qui pourront être prises. Mais la solidarité est l’affaire de tous : politiques, citoyens, associations, chacun d’entre nous peut contribuer à sa manière.

Sources : REM-Lourdes65  Marie-Agnès Staricky, Nations unies, Fonds Monétaire Internationale, ATD Quart-Monde, Action contre la faim, AFP, Insee, Observatoire des inégalités, Unesco, Action Tank

 

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