Concertation sur la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté

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Lancement de la concertation sur la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes

A l’occasion de la journée mondiale de refus de la misère, le 17 octobre dernier Emmanuel Macron avait reçu une quarantaine d’acteurs de la lutte contre la pauvreté (associations, entreprises) avec trois autres ministres, Muriel Pénicaud (Travail), Jean-Michel Blanquer (Education) et Marlène Schiappa (Egalité femmes-hommes). (voir l’article publié sur le sujet le 17/10/17)

https://remlourdes65.com/2017/10/17/journee-internationale-de-lutte-pour-lelimination-de-la-pauvrete/

Ce même 17 octobre, le président de la République a annoncé le lancement d’une grande concertation sur la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes, dans une logique de prévention, d’égalité des chances et d’investissement social.

Quelques semaines plus tôt, Agnès Buzyn, ministre de la Santé et des Solidarités avait déjà annoncé que le gouvernement voulait «développer une «politique préventive» de lutte contre la pauvreté et l’exclusion et pour cela «investir socialement» dans la jeunesse ainsi que le lancement d’une concertation de six mois sur la lutte contre la pauvreté, la ministre avait souligné que «la pauvreté a changé de visage, elle touche de plus en plus d’enfants, de familles, notamment monoparentales, et de plus en plus de jeunes».

Quelques chiffres :

  • 3 millions d’enfants, soit 1 enfant sur 5, plus d’1 famille monoparentale sur 3, vivent en situation de pauvreté.

Emmanuel Macron et Edouard Philippe ont confié la responsabilité de cette stratégie à un délégué interministériel dédié, Olivier Noblecourt, chargé d’organiser la concertation avec les principaux acteurs du secteur.

Le 4 décembre, la concertation annoncée en octobre a été officiellement lancée par Agnès Buzyn et Olivier Noblecourt.

Quelle est sa durée ?

Cette concertation interviendra entre décembre 2017 et mars 2018.

Quel est son objectif ?

Pour reprendre les propos de la ministre de la Santé et des Solidarités, la concertation a pour objectif de «renouveler notre approche de la lutte contre la pauvreté et voir si nous pouvons (…) éviter que les jeunes pauvres d’aujourd’hui ne deviennent les pauvres de demain».

Il s’agit de «favoriser l’égalité des chances», de favoriser «une approche préventive» de lutte contre la pauvreté et l’exclusion et de mieux accompagner les personnes qui «essaient de sortir de la pauvreté. Cette approche partira «d’initiatives locales» et sera «interministérielle».

En outre, cette stratégie devra répondre à l’exigence du président de la République qui souhaite rompre le déterminisme de la pauvreté dans une logique de prévention et d’investissement social.

Cette concertation devra aboutir à la remise officielle de la stratégie au président de la République en avril 2018.

Qui concernera-t-elle ?

Elle concernera en priorité les enfants et les jeunes, mais elle s’inscrira dans une approche plus globale, visant à prévenir les fragilités susceptibles de toucher toutes les personnes et à poursuivre les mesures de réduction de la pauvreté et de renforcement de l’inclusion sociale sur toute la durée du quinquennat.

Comment s’organisera-t-elle ?

La concertation s’organisera à la fois au plan national et territorial autour de :

  • 10 journées de concertation dans les territoires, de décembre 2017 à mars 2018, afin d’identifier les besoins et les expériences réussies ;
  • 6 groupes de travail thématiquesqui produiront des propositions d’actions courant mars 2018 ;
  • la mobilisation d’experts, notamment le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion socialequi sera sollicité tout au long de la concertation ;
  • l’ouverture aux citoyens d’un espace d’expressionsur le site internet de la délégation interministérielle dès janvier 2018.

Les quatre principaux chantiers pour la concertation :

  • la construction d’une politique affirmée de prévention de la pauvreté mobilisant le droit commun. Il s’agit d’assurer une meilleure égalité des chances dès l’enfance, en favorisant par exemple l’accueil des enfants des familles les plus défavorisées en crèche ;
  • le repérage et l’accompagnement des personnes en situation de pauvreté, dans une logique d’intervention précoce et de parcours visant à préserver l’autonomie des personnes. Le non-recours aux aides sociales entretient la pauvreté et il convient donc de favoriser l’accès aux prestations et aux services auxquels les personnes ont droit ;
  • le recours à des dispositifs d’accompagnement spécifiques pour les personnes touchées par la grande pauvreté;
  • le renouvellement de la gouvernance à la fois nationale et territoriale de la lutte contre la pauvretépour permettre une bonne articulation des actions menées par les différents intervenants, adapter les efforts à la réalité des territoires et valoriser les innovations locales.

Quelle est la composition de ces groupes de travail ?

  • Eradiquer la pauvreté des enfants, ce groupe de travail est présidé par Nathalie Casso-Vicarini (présidente de l’association Ensemble pour l’éducation de la petite enfance) et Frédéric Leturque (maire d’Arras, conseiller régional)
  • Prévenir la vulnérabilité des jeunes et favoriser leur insertion, ce groupe de travail est présidé par Antoine Dulin (vice-président du CESE) et Fiona Lazaar (députée de la 5ème circo du Val d’Oise)
  • Développer l’accompagnement global et les leviers de prévention de la pauvreté, ce groupe de travail est présidé par Olivier Véran (député de l’Isère) et Véronique Fayet (présidente du Secours Catholique)
  • Accès aux droits et aux services, lutte contre le non recours, ce groupe de travail est présidé par Matthieu Angotti (directeur général du CCAS de Grenoble) et Aurore Bergé (députée de la 10ème circo des Yvelines)
  • Un accompagnement renforcé dans la lutte contre l’exclusion, ce groupe de travail est présidé par Christine Laconde (directrice du Samu Social Paris) et Alain Régnier (préfet chargé de la mission de réforme des politiques de lutte contre l’exclusion et du déploiement du service civique, a en outre été nommé conseiller du Gouvernement pour une durée de deux ans)
  • Piloter la lutte contre la pauvreté à partir des territoires, ce groupe de travail est présidé par Joëlle Martinaux (présidente de l’UNCCAS) et Mathieu Klein (président du Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle)

Mais une concertation, une stratégie seront-elles efficaces ?

Seront-elles suffisantes pour faire diminuer ces chiffres alarmant ? (cf. supra)

En attendant le résultat de ces réflexions, la lutte contre la pauvreté est une affaire d’Etat – la preuve, de très nombreux plans ont régulièrement été mis en place – et pour autant la pauvreté touche de plus en plus de personnes en France et dans le Monde. Mais n’est-elle pas aussi l’affaire de tous ? un changement profond dans nos modes de vie ?

Pour en savoir plus :

Consulter le Dossier de Presse

https://en-marche.fr/articles/actualites/lutte-contre-la-pauvrete-la-prevention

http://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/dp_concertation_lutte_contre_la_pauvrete_vdef.docx.pdf

 

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